Associé de Santé Publique

Sanofi Pasteur Limitée : Le premier partenaire du secteur de la santé publique au Canada

Le Campus Connaught de Sanofi Pasteur continue un legs fier comme la pierre angulaire du système de santé publique unique du Canada. Basé sur les associations proches avec les gouvernements de province et fédéraux, c'est un legs qui a protégé le Canadien de la maladie au développement et à la livraison de produits biologiques essentiels. Depuis sa fondation en 1913 dans une arrière-cour ferme, la compagnie - connu très bien la plupart de son histoire comme les Laboratoires de Connaught - a aussi été un partenaire clé dans le contrôle global de de beaucoup de maladies, particulièrement le diabète, la diphtérie, pertussis, la polio et la variole.

Ce partenariat remonte à l’œuvre de Pasteur et à la création de l’Institut qui porte son nom en 1888. Les succès de ce pionnier de la vaccination – découverte du vaccin antirabique, puis mise au point de l’anatoxine diphtérique dans les années 1890 – suscitent une émulation partout dans le monde. De nombreux laboratoires sont créés et chargés de fabriquer des produits destinés à améliorer la santé du public. En 1894, l’Ontario Board of Health commence à importer l’anatoxine diphtérique des États-Unis en quantité commerciale et crée par ailleurs un laboratoire assorti d’une ferme, l’Ontario Vaccine Farm, pour fournir le vaccin antivariolique. Mais l’anatoxine diphtérique reste coûteuse et sa qualité sujette à caution. Avec les années, des pressions de plus en plus fortes – notamment sous l’impulsion de l’Association canadienne d’hygiène publique – s’exercèrent sur le gouvernement fédéral, qui décida finalement, après 10 ans de controverse, sinon de prendre en charge la production, du moins d’en réglementer la qualité. En 1910, une flambée de cas de rage en Ontario fit naître l’idée de créer un Institut Pasteur affilié à l’Université de Toronto, mais ce projet n’eut pas de suite.

Vers la même époque, le Dr John G. FitzGerald, jeune marié et tout juste sorti de la Faculté de médecine de l’Université de Toronto, consacrait sa lune de miel à étudier la préparation du vaccin antirabique et de l’anatoxine diphtérique à l’Institut Pasteur de Bruxelles. Une fois ses études parachevées en Angleterre, en Allemagne, à New York et en Californie, il entreprit de fournir le laboratoire provincial de l’Ontario en vaccin antirabique, puis s’attela à la production de l’anatoxine diphtérique qui devait alors être importée à grands frais des États-Unis. Dès 1913, il put livrer à l’ Ontario Board of Health les premiers lots d’anatoxine élaborés à partir des chevaux hébergés dans une écurie qu’il avait fait construire de ses propres deniers, rue Barton à Toronto. Ces prémices de sa production étaient vendus au prix coûtant et destinés à être distribués gratuitement à la population. Bientôt, en mai 1914, l’Université de Toronto prenait en charge l’entreprise, à présent baptisée « Antitoxin Laboratories », et d’autres provinces commencèrent à réclamer ses précieux produits. Le gouvernement fédéral s’y intéressa bientôt lui aussi, notamment pour faire face à la grave pénurie d’antitoxine tétanique qui menaçait les soldats canadiens pendant la Première Guerre mondiale.

Une fois le conflit terminé, les « Connaught Antitoxin Laboratories » entamèrent une phase d’expansion. Désireux de consolider l’autonomie de l’entreprise, aussi bien à l’égard de l’université que sur la scène nationale, le Dr FitzGerald l’installa dans un vaste domaine agricole doté d’installations flambant neuves. La compagnie demeurait le seul fabricant fournissant à prix abordables les produits indispensables pour la santé publique. Les innovations du Dr FitzGerald ne s’arrêtèrent pas là : furent successivement créés un fonds de recherche chargé de soutenir le développement et le perfectionnement des produits, puis un comité consultatif des autorités provinciales et fédérales de la santé, qui se réunissait annuellement pour débattre des problèmes scientifiques que les Laboratoires Connaught pouvaient contribuer à résoudre. Ce dernier comité fut transformé dès 1919 en « Conseil national de la santé », auquel le Dr FitzGerald et ses successeurs à la direction de Connaught disposeraient d’un siège permanent. Le conseil avait notamment pour fonction officielle de fournir des avis au ministère fédéral de la Santé, qui venait d'être créé.

L’action des laboratoires Connaught en santé publique prit une ampleur mondiale à partir du début des années 1920. En collaboration avec de nombreux partenaires tels que la compagnie pharmaceutique Eli Lilly, avec laquelle Connaught mit au point la production industrielle de l’insuline, découverte à l’Université de Toronto en 1921. Le prestige mondial dont jouissaient les scientifiques de Toronto dans les milieux de la production de l’insuline leur valut de bénéficier du parrainage de la Fondation Rockefeller, qui finança la construction de la nouvelle École d’hygiène publique de l’université. Inaugurée en 1927, cette faculté abrita jusqu’en 1970 les installations de production d’insuline.

Vers la fin de la même décennie, les laboratoires Connaught entamèrent une collaboration avec l’Institut Pasteur, qui permit d’établir incontestablement la valeur immunisante de l’anatoxine diphtérique. Les années 1930 virent le développement du vaccin anticoquelucheux préparé à partir de cultures fraîches, de concert avec l'Hospital for Sick Children de Toronto et plusieurs départements d’hygiène publique de collectivités locales. Pendant toute la durée de la Deuxième Guerre mondiale, Connaught intensifia sa coopération avec le gouvernement fédéral, et en particulier avec les autorités militaires. C’est pendant cette période que la société mit au point les procédés de production à grande échelle qui permirent de préparer les quantités de pénicilline dont les troupes qui allaient débarquer en France en juin 1944 auraient besoin.

Au cours des années 1940 et 1950, le problème croissant de la poliomyélite donna à Connaught l’occasion de renforcer sa collaboration avec les gouvernements provinciaux et fédéral avec un effet d’émulation qui suscita d’autres initiatives comme celle de la National Foundation for Infantile Paralysis (NFIP), aux États-Unis, qui porte aujourd’hui le nom de Marche des dix sous. Les bons rapports entretenus entre Connaught et la NFIP devaient jouer un rôle essentiel dans le développement du vaccin du Dr Jonas Salk, et même dans son application : l’introduction du vaccin aux États-Unis, en avril 1955, fut en effet marquée par des incidents dramatiques, et la campagne d’immunisation fut annulée dans un premier temps. Au Canada, toutefois, la vaccination se poursuivit car le ministre de la Santé et du Bien-être national, Paul Martin (père), avait confiance en Connaught en raison de la longue expérience que la compagnie avait acquise dans le maniement du produit. Bientôt rassurée, l’opinion publique mondiale se mobilisa pour permettre la reprise de l’immunisation avec le vaccin Salk.

Dans les années 1960 et 1970, la compagnie connut une expansion encore plus rapide à l’échelle mondiale, dans le cadre du programme d’éradication de la variole. Forte de ses succès, notamment dans la vaccination contre la poliomyélite, la compagnie fut appelée à jouer un rôle de premier plan dans ce programme, en étroite collaboration avec les Centers for Disease Control aux États-Unis, l’Organisation panaméricaine de la santé et l’Organisation mondiale de la santé (OMS), surtout en prodiguant des conseils techniques très appréciés aux fabricants locaux de vaccins en Amérique latine, en vue d’améliorer notablement la qualité des vaccins antivarioliques produits dans la région et d’en développer la production pour assurer un approvisionnement suffisant. Connaught se lança bientôt dans la production et la livraison à de nombreux pays de vaccins antivarioliques lyophilisés, gràce à des dons du gouvernement canadien. Dès le milieu des années 1970, la victoire contre la variole assurée, Connaught participa à la mise sur pied du Programme élargi de vaccination (PEV), lequel devait déboucher, en 1988, sur l’initiative d’éradication de la poliomyélite, lancée par l’OMS. Le campus Connaught de Sanofi Pasteur s’est trouvé au cœur de ce projet, et il sera sans aucun doute appelé à remplir encore bien des missions de santé publique au plan mondial, national et local.